Communiqué de presse
Bureau de Presse à la CIDH
Washington DC / Genève – À l'occasion de la Journée des droits de l'homme, la Plateforme d'experts indépendants sur les droits des réfugiés (PIERR), un groupe d'experts indépendants en droits humains de l'ONU et régionaux, célèbre son deuxième anniversaire et appelle à un regain de solidarité mondiale pour défendre les droits des personnes réfugiées et demandeuses d'asile.
Cette année a été marquée par des changements sans précédent et tumultueux dans le système multilatéral et par des menaces alarmantes pour l'état de droit international. Les défis auxquels sont confrontées les personnes réfugiées aujourd'hui sont complexes et interdépendants : les conflits prolongés, les déplacements liés au climat, le racisme, la xénophobie et la réduction significative de l'espace civique exigent des réponses coordonnées de manière urgente.
Avec plus de 117 millions de personnes déplacées de force dans le monde, l'ampleur des besoins est sans précédent. Dans le même temps, le financement destiné à garantir des activités essentielles et de protection qui sauvent des vies diminue, ce qui pose de réels défis aux communautés d'accueil et à ceux qui les soutiennent pour respecter, protéger et appliquer les droits humains des personnes réfugiées. Le multilatéralisme n'est pas une option, il est essentiel pour protéger les droits humains, garantir l'accès à la justice et à l'État de droit. Les États, les organisations internationales et régionales, la société civile et les communautés de personnes réfugiées elles-mêmes doivent tirer parti des efforts collectifs pour veiller à ce que les engagements se traduisent en actions concrètes.
En période d'incertitude, la solidarité et le partage des responsabilités doivent guider nos efforts collectifs pour protéger les personnes les plus vulnérables, notamment les personnes réfugiées et demandeuses d'asile. Les États, les organisations internationales et régionales, la société civile et les communautés de personnes réfugiées elles-mêmes doivent unir leurs efforts collectifs pour garantir que les engagements se traduisent par une protection efficace des droits humains des personnes réfugiées et un soutien accru aux communautés d'accueil. Alors que nous célébrons le deuxième anniversaire du PIERR, lancé lors du Forum mondial sur les réfugiés 2023, le moment est venu de renouveler nos engagements pour l'avenir. L'Examen des progrès du Forum, qui se tiendra du 15 au 17 décembre, offre une occasion cruciale de proposer des moyens de traduire les engagements et la solidarité en améliorations tangibles pour protéger et promouvoir les droits humains des personnes réfugiées et demandeuses d'asile.
La Journée internationale des droits de l'homme, célébrée le 10 décembre, nous rappelle que la protection des personnes réfugiées fait partie intégrante du cadre plus large des droits humains. Les droits à la vie, à la liberté, à la dignité, à la sécurité et à la non-discrimination ne sont pas des aspirations : ce sont des obligations contraignantes en vertu du droit international. À l'approche de 2026, qui marquera le 75e anniversaire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, nous réaffirmons la pertinence durable de cet instrument fondamental et le principe de complémentarité entre les cadres du droit international connexes, à savoir le droit des réfugiés, les droits humains et le droit humanitaire. Ensemble, ces cadres complémentaires forment une architecture intégrale visant à protéger les droits et à œuvrer en faveur de solutions. Toutefois, leur efficacité dépend en fin de compte d'une mise en œuvre coordonnée, d'une volonté politique sincère et d'un engagement en faveur de l'état de droit.
La PIERR a été créée pour renforcer la promotion des droits humains des personnes réfugiées et demandeuses d'asile, et pour aider les États et les parties prenantes à mettre en œuvre les obligations énoncées dans les cadres internationaux et régionaux pertinents en matière de droits humains et de droit des personnes réfugiées. Au cours des deux dernières années, nous avons travaillé collectivement pour faire avancer le dialogue, fournir des orientations et promouvoir la complémentarité entre les systèmes des droits humains et de la protection des personnes réfugiées grâce à notre action conjointe de plaidoyer et de coordination.
En cette période critique, nous soulignons que la collaboration est la voie à suivre. Aucun acteur ne peut à lui seul relever ces défis. La PIERR est prête à coopérer avec les États, les organismes internationaux et régionaux, la société civile, les personnes réfugiées et les communautés d'accueil, ainsi que d'autres acteurs concernés, afin de renforcer les systèmes de protection et de contribuer à offrir des solutions qui respectent les droits humains et la dignité humaine. Dans un monde incertain, nous invitons les parties prenantes à se concentrer sur notre humanité commune et à laisser celle-ci nous guider vers un avenir fait d'espoir, de solidarité et de responsabilité partagée.
La CIDH est un organe principal et autonome de l'Organisation des États Américains (OEA) dont le mandat émane de la Charte de l'OEA et de la Convention américaine relative aux droits de l'homme. La Commission interaméricaine a pour mandat de promouvoir le respect et la défense des droits de l'homme et de servir, dans ce domaine, d'organe consultatif de l'OEA. La CIDH est composée de sept membres indépendants, élus à titre personnel par l'Assemblée générale de l'OEA et qui ne représentent pas leurs pays d'origine ou de résidence.
No. 267/25
4:21 PM